Dire « Non à la guerre » ne suffit pas (IKC/Etat espagnol)

Europa Press – Diego Radamés

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Contre toutes les guerres impérialistes

Non à l’OTAN, fermeture des bases militaires

Retrait de toutes les troupes, des navires et avions déployés à l’étranger

L’argent de l’armement réaffecté aux hôpitaux, aux écoles et aux équipements

La guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran et le Liban poursuit un double objectif complémentaire : pour l’État colonialiste d’Israël, il s’agit de détruire l’ennemi principal qui s’oppose à son hégémonie dans la région et de constituer un « Grand Israël », la « terre promise » du sionisme, qui s’étendrait aux détriments du Liban, de la Syrie, de l’Égypte et de l’Iran ; du côté des États-Unis, d’étendre leur contrôle mondial sur les hydrocarbures et de compliquer l’accès de la Chine, leur adversaire impérialiste, à l’énergie fossile, à une route commerciale clé et sur un État –l’Iran– qui reste une puissance économique régionale, malgré les « sanctions » et blocus auxquels il a été soumis.

Toutes les justifications « morales » de la guerre, que Trump modifie de jour en jour, comme par exemple la prétendue libération du peuple iranien, sont réfutées dès lors que l’on examine les conséquences du précédent de l’Afghanistan. Mais aussi en constatant que les États-Unis et Israël ont bombardé des prisons remplies de prisonniers politiques, afin d’éliminer d’éventuels nouveaux dirigeants indépendants. Et ils ont attendu, pour déclencher la guerre, que le régime théocratique des ayatollahs écrase dans le sang le soulèvement des masses travailleuses de janvier 2026. De cette manière, les agresseurs pensent s’assurer que la classe ouvrière n’aura plus la force d’intervenir dans les desseins colonialistes qu’ils ont prévus pour leur pays. La réalité pour les peuples d’Iran a été expliquée il y a quelques jours par un jeune manifestant de Téhéran : « Nous devons désormais faire face aux armes de trois ennemis : les États-Unis, Israël et notre propre gouvernement ».

En Espagne, le gouvernement de Pedro Sanchez [coalition PSOE-PCE-Sumar, minoritaire au parlement qui tient grâce à l’appui des partis bourgeois nationalistes des Canaries, de Galicie, du Pays basque et de Catalogne] a été l’un des premiers en Europe à s’opposer à une implication dans cette nouvelle guerre, qui, de toute évidence, n’intéresse que les États-Unis et Israël. Il a également été l’un des rares à se prononcer modérément à la folie imposée par Trump aux membres de l’OTAN, qui consiste à consacrer 5 % du PIB aux dépenses militaires. Mais il ne nous a pas vraiment préservés de l’escalade militariste ni remis en cause l’appartenance à l’OTAN, l’organisation qui soumet les pays européens aux desseins militaires des États-Unis. Comme il l’a fait concernant le génocide sioniste en Palestine, le gouvernement social-démocrate espagnol est passé maitre dans l’art de feindre la résistance et le progressisme médiatique, pour en réalité ne rien faire de concret qui contredise la marche des forces impérialistes en présence.

La guerre affecte profondément l’économie mondiale, bien au-delà de l’escalade de destruction localisée au Moyen-Orient. Comme les agresseurs pouvaient s’y attendre, elle a entrainé le blocage du détroit d’Ormuz et pourrait bientôt toucher la mer Rouge, par où transitent habituellement 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz, en particulier celles destinées à la Chine et au reste de l’Asie. Sans aucun doute, le Pentagone tablait sur le fait que les États-Unis ne seraient pas affectés, puisqu’ils sont le plus grand producteur et exportateur de pétrole au monde et que personne ne leur impose de limites ni de blocus. Mais l’économie capitaliste est totalement interdépendante à l’échelle planétaire et personne n’échappe à la crise énergétique, à laquelle s’ajoute la paralysie des exportations depuis le Qatar de l’hélium nécessaire à la fabrication de puces électroniques, ainsi que des engrais, indispensables à la production alimentaire.

Il s’agit déjà d’une guerre aux implications historiques très profondes : elle montre que la frange de la bourgeoisie qui domine l’appareil d’État américain, de concert avec le gouvernement israélien, a décidé de briser tout frein institutionnel et d’assumer les conséquences du chaos engendré, afin de détruire ses ennemis par la force brute, de soumettre ses « alliés » par le chantage et d’imposer à tous le rétablissement de sa domination sur la planète. Aujourd’hui, ils attaquent l’Iran, mais demain, conformément à leur stratégie, ils viseront d’autres pays pour encercler la Chine, qui est l’objectif final des États-Unis, et pour configurer le grand Israël « biblique » de l’Euphrate au Jourdain, selon les délires sionistes. Et sur cette voie, les autres pays impérialistes se regrouperont dans un camp ou dans l’autre pour défendre les intérêts stratégiques et commerciaux de leurs propres entreprises. Nous nous approchons donc d’une situation qui pourrait déboucher sur une guerre d’ampleur mondiale entrainant de nombreux pays, dont les peuples subiront les morts et les souffrances pour que seuls les impérialistes vainqueurs en récoltent les bénéfices.

Face au réarmement impérialiste, l’internationalisme prolétarien

C’est pourquoi nous affirmons qu’il ne suffit pas de s’opposer à cette guerre, comme le défendent le PSOE [lié au PS français], le PCE [lié au PCF], Sumar [issu de Podemos, lié à LFI], etc. Il faut s’opposer à toute l’escalade militaire qui ne cesse de créer de nouvelles guerres impérialistes dont les victimes sont les travailleurs, tant du pays agressé que de celui qui agresse. Les travailleuses et travailleurs américains, chinois, russes, iraniens, libanais, ukrainiens ou des pays européens ne sont pas des ennemis les uns des autres. Nos ennemis, ce sont nos gouvernements, qui défendent les intérêts économiques et stratégiques de ceux qui nous exploitent. Nos intérêts sont les mêmes dans tous les pays et sont en contradiction avec les concepts de domination, de suprématie et de bellicisme.

Pour les travailleurs du monde entier, il n’y a pas de bon camp parmi tous les impérialismes bellicistes ! Notre seul camp doit être la classe ouvrière internationale !

Contre les programmes de réarmement de l’Union européenne et de l’État espagnol ! Pas un euro du budget pour l’escalade militaire !

Contre le pouvoir et les profits meurtriers de l’industrie militaire : expropriation et contrôle ouvrier de toutes les entreprises d’armement et de leurs sous-traitants !

Nous ne pouvons faire confiance à aucun gouvernement. Seule la classe ouvrière pourra mettre un terme à l’escalade des prédateurs impérialistes pour le contrôle du monde :

Troupes et bases américaines, hors d’Europe et de tous les continents ! Troupes russes, hors d’Ukraine ! Retrait des troupes, des forces navales et aériennes espagnoles, britanniques, françaises, italiennes, allemandes, etc. de la Méditerranée, d’Europe centrale, du Moyen-Orient ou d’Afrique !

Remplacement de l’armée permanente par une milice d’autodéfense, indissolublement liée aux lieux de travail, aux quartiers ouvriers, aux villages, aux universités !

À bas l’OTAN et toute alliance de blocs impérialistes !

Pour un front unique des organisations ouvrières de l’État espagnol afin d’empêcher les dépenses de réarmement et de contraindre le gouvernement à retirer toutes les troupes, tous les avions et tous les navires mis au service de l’OTAN ou des intérêts économiques de la bourgeoisie espagnole et de ses alliés !

20 mars 2026

INTERNACIEMA KOLEKTIVISTA CIRKLO (section de l’État espagnol du CoReP)

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